Problématiques et solutions - Phosphore et azote
Le phosphore et l’azote sont des éléments essentiels à la croissance des plantes et des algues. On dit que ce sont des nutriments limitants, c'est-à-dire que la croissance des plantes et des algues est limitée par la disponibilité du phosphore et/ou de l’azote. Plus il y en aura dans le lac, plus il y aura de la matière organique qui sera produite.
Bien qu’il soit présent un peu partout (dans le sol, dans l’eau, dans l’air fixé à de fines particules, sous forme organique), le phosphore se retrouve en faible quantité dans les lacs où il existe sous trois formes : inorganique, organique (dérivé des organismes vivants) et organique dissous. Les algues et les plantes utilisent une forme de phosphore inorganique pour leur nutrition. L’azote existe également sous plusieurs formes : organique et inorganique. Les plantes et les algues utilisent en général les formes inorganiques pour se nourrir.
D’où proviennent le phosphore et l’azote que l’on retrouve dans nos lacs ?
Des sources naturelles
Les déjections animales ainsi que la décomposition de la matière organique après la mort des organismes est une autre source de phosphore et d’azote. Suite à ce processus, ces éléments peuvent se retrouver soit dans les milieux lacustres, soit dans l’atmosphère, soit dans les sols. Le phosphore et l’azote peuvent entrer dans les lacs par les eaux de ruissellement même sans intervention humaine dans le bassin versant, car ce sont des éléments qui se retrouvent de façon naturelle dans le sol et la matière organique.
La grande majorité du phosphore provient de certains types de roche qui, sous l’effet des conditions géologiques et atmosphériques, s’érodent lentement puis libèrent le phosphore dans l’environnement. Le phosphore a la propriété de se lier aux sédiments des lacs, mais peut être remis en suspension lors des événements de grands vents dans les lacs peu profonds. De plus, le phosphore peut être libéré lorsqu’il y a un manque d’oxygène dans les lacs.
La décomposition des troncs d’arbres et des branches dans le fond des barrages de castor génère une quantité importante de phosphore, variable selon les saisons. De plus, il y a davantage de sédiments qui se déposent dans ces barrages, dû au ralentissement du courant, devenant une source additionnelle de phosphore. Certaines algues et cyanobactéries peuvent extraire l’azote gazeux de l’air et le transformer en des formes qu’elles pourront utiliser.
Des sources anthropiques :
La quantité de phosphore et d’azote dans les eaux de plusieurs lacs a augmenté de façon considérable depuis quelques décennies en raison du développement des collectivités humaines. Parmi les principales sources anthropiques de phosphore et d’azote, mentionnons :
- l’utilisation d’engrais et de fertilisants ;
- l’aménagement de grands centres urbains et l’artificialisation des surfaces ;
- l’intensification du défrichage et du déboisement ;
- les rejets provenant des stations de traitement des eaux usées ou les rejets industriels ;
- le dysfonctionnement et le mauvais entretien des installations septiques ;
- l’utilisation de détergents à lave-vaisselle riches en phosphates.
Le phosphore et l’azote sont-ils bons pour mon lac ?
Oui et non! Comme nous l’avons vu, le phosphore et l’azote sont des éléments essentiels au bon maintien des écosystèmes aquatiques. Dans un lac non pollué, le phosphore qui arrive au lac est consommé presque immédiatement sans créer de surplus. Cependant, l’addition de phosphore et d’azote dans le bassin versant ou directement dans le lac par les activités humaines peut avoir des conséquences environnementales importantes, comme par exemple :
- accélérer l’eutrophisation de certains lacs, cours d’eau et milieux humides, entraînant des pertes d’habitats, des modifications de la diversité biologique et, dans certains cas, des pertes de potentiel récréatif ;
- conduire à une élévation des risques pour la santé humaine par l’augmentation de la fréquence et de l’étendue des proliférations de cyanobactéries dans les lacs ;
- susciter des préoccupations concernant la qualité de vie par la limitation de l’utilisation de l’eau (par exemple, croissance excessive des algues et des plantes aquatiques);
- l’altération de ses qualités esthétiques (préoccupations relatives aux problèmes de goût et d’odeur) et la contamination des sources d’approvisionnement en eau.
Solutions
- en vous assurant que la fosse septique ou le système d'eau usée fonctionne adéquatement;
- en utilisant du savon liquide à lave-vaisselle, qui compte la moitié du phosphate qu'on trouve dans le savon en poudre;
- en utilisant des savons sans phosphore puisque les fosses septiques ne dissolvent ni diluent le phosphore;
- en éliminant l'utilisation d'engrais;
- en conservant les plantes riveraines indigènes puisque celles-ci réduisent l'érosion du sol et afin d’améliorer la qualité du cours d’eau, d’autres actions peuvent être envisagées :
- planter des arbustes, des arbres ou ensemencer des herbacées. Toutefois, il est encore mieux de laisser la nature suivre son cours. Le gazon est à proscrire!;
- stabiliser les rives dégradées au moyen de techniques de construction végétales utilisant par exemple des fagots ou des fascines à base de saule afin de prévenir l’érosion. Attention! L’avis d’un spécialiste est requis pour stabiliser des rives à l’aide d’enrochement, de béton ou de bois;
- maintenir l’état naturel de la rive ou du littoral sans utiliser de fertilisants ni de pesticides.
Source : crelaurentides.org
