Historique

M. Jean-Guy Prescott, « la mémoire du lac Deligny » et membre de l'Association, nous fait le plaisir de nous présenter un texte qui relate une partie de l'histoire du Lac Deligny ou 2ième Mandeville.

La colonisation

Le lac Deligny était identifié comme un bout de la colonisation. On y retrouvait quelques cultivateurs (qui peinaient sur de petites terres arides et ne suffisaient pas à faire vivre les familles déjà nombreuses), des bûcherons dans les chantiers et des journaliers qui travaillaient dans les moulins à scie de la région.

Vers la fin des années 1940, les familles Baril, Laurence, Prescott et Savard sont rendues au village. Certains travailleront au village, à la Birchwood (entreprise de fabrication de fuseaux) ou comme guides au Club des américains, aujourd’hui chez Kubeck ou dans les chantiers.

À cette époque Il ne reste que quelques résidents permanents au lac : les frères William et Adrien «Tibi» Paquin, mariés aux sœurs Clara et Marianne Longpré de St-Didace. C’est l’emplacement actuel de Stéphane Benjamin (312 ch. du lac Deligny). Monsieur Lachapelle aujourd’hui chez Pierre Thériault (460 ch. du lac Deligny). Monsieur Alcide Paquin et son épouse à l’avant-dernière maison au bout du chemin de la Terrasse-Bellevue. Monsieur Louis Prescott, son épouse et la famille Marseille : emplacement de la petite érablière d’Yvonne Marseille et Armand St-Jean. La famille Antonias Charpentier, son fils Ronald et sa femme Rose-Yvette Prescott y résident toujours (821, ch. du lac Deligny).

En allant du côté du lac Deligny ouest nous passons devant chez Caroline (Ferland) pour arriver près du chemin du Gouvernement : trois familles Prescott : France, Napoléon (alias Paul et père de Denis, conseiller municipal) et Henri. Son fils Lucien y est revenu à la retraite (1182, ch. du lac Deligny ouest).

La villégiature

Les années 1950 apportent une nouvelle vocation pour le Lac Deligny : la villégiature. Déjà le tour des lacs Maskinongé et Mandeville sont passablement développés; alors commence celui du lac Deligny.

Les premiers chalets furent les suivants : chez madame Sauvé (199, ch. du Dr Gingras) qui a vendu à Léo Guindon, alors président de l’Alliance des professeurs de Montréal. Son fils René l’a vendu à Thérèse Baril Dion. Le propriétaire actuel François Dion se retrouve donc au bout de la terre de son ancêtre Zotique Baril.

Madame Lachance avait un chalet voisin de madame Sauvé et avait son propre chemin pour s’y rendre. Elle le lègue alors à son fils adoptif le curé Vianney Racine, professeur au Collège L’Assomption. Seul un petit sentier qui croise le chemin Dr Gingras subsiste aujourd’hui.

Monsieur Alfred Prescott, avant de faire l’acquisition en 1947 de la terre de Léopold Baril (aujourd’hui Jean-Guy et Monique Prescott au 360, ch. du lac Deligny) avait construit, dès 1943, un chalet au bout d’une terre de son père Joseph. C’est le # 240 près de la rue Gemme. Après l’achat de la ferme de Léopold Baril, Alfred démolit les granges et bâtiments. Il récupère les matériaux pour ériger trois chalets. Charles-Auguste Baril vend sa terre à Charles-Auguste Majeau, père de Hubert qui utilise la vielle maison comme chalet. C’est la maison actuelle de François Benjamin (340 ch. du lac Deligny). Hubert Majeau et sa femme Claire sont installés sur la même terre au bord du lac (321 ch. du lac Deligny).

Les frères William et Adrien Paquin érigent deux autres chalets au bord du lac, sur leur terre en culture. Le zonage n’existait pas alors. Ces deux frères étaient des ouvriers les plus convoités par ceux qui cherchaient de la main d’œuvre : construction, réparation, creusage de «puisards», de fossés et construction de foyers en pierre des champs.

La vie au quotidien

Il faut se rappeler qu’à cette époque, il n’y a pas d’électricité (elle arrivera en 1954) et que peu de familles possèdent une voiture. Les familles de vacanciers viennent s’installer pour la saison au lac. La mère reste avec les enfants tandis que le père voyage la fin de semaine avec les Autobus Brandon. Celles-ci viennent de Montréal jusqu’au Lac Mandeville les fins de semaine pour accommoder sa clientèle. Le terminus pour les gens du Deligny est le petit restaurant de Thérèse Baril, à côté de la grange que nous contournons (ancienne beurrerie de Zéphyrin Bergeron), à l’entrée du chemin lac Deligny est.

Il fallait donc nourrir ces familles; un épicier faisait le tour du lac avec son petit camion le mardi pour prendre les commandes et les livrer le jeudi. C’était Lucien Desrochers, grand-père de José, actuel propriétaire avec sa mère Gloria du marché Bonichoix au village.

Deux bouchers faisaient également leur tournée. Tous les deux sont de St-Didace. La famille Bernèche (avec une boite réfrigérée à l’arrière du gros camion à gravier) et monsieur Payette (avec ses deux chevaux et sa carriole style tombeau). Les deux utilisaient la glace comme réfrigérant et avaient une balance à fléau.

Les chalets utilisaient des glacières. Cette glace était coupée sur le lac pendant l’hiver et entreposée dans du bran de scie dans une grange chez Alfred Prescott. Ce dernier faisait donc du troc avec la famille Charpentier qui coupait la glace et l’entreposait; en échange la famille cultivait la terre d’Alfred. Au printemps, ce dernier achetait un vieux cheval au parc Richelieu, piste de course de l’est de Montréal. Ses fils Robert et Jean-Guy livraient la glace aux chalets du tour du lac en même temps que le lait qu’ils prenaient tous les jours chez leur oncle Geoges-Henri Prescott, cultivateur sur la terre ancestrale au lac Mandeville.

L’arrivée de l’électricité et la pasteurisation du lait mettront fin à ce beau commerce de vacances!

Les troupes de guides

Pendant plusieurs semaines tous les étés, des troupes de guides venait camper sur le terrain de M. Lachapelle au bord du lac (460 ch. du lac Deligny). Elles offrent des corvées dans les familles des lacs Deligny et Mandeville ainsi que la messe en plein air le dimanche. Plus tard, avec la construction de chalets, les guides camperont sur les terres des Marseille.

La modernité

Dans les années 1960, la route qui mène au lac Deligny est pavée jusque chez William Paquin (312, ch. du lac Deligny) dans un premier temps. Le reste de la route demeure sous la responsabilité du Ministère de la Colonisation pour encore plusieurs d’années. La circulation automobile augmente avec le développement du lac Long. La modernité est arrivée. Les terres au bord du lac se subdivisent et de nombreux chalets se construisent.

Dans les années 1970, avec l’arrivée de la motoneige, très populaire dans notre région, les chalets seront isolés afin de permettre leur utilisation.

Salut,
Le jaseur !