Problématiques et solutions - Cyanobactéries

Les cyanobactéries ont d’abord été nommées algues bleues (ou bleu-vert). Ce nom leur avait été donné parce qu’elles croissent par la photosynthèse comme les algues, et parce qu'elles contiennent généralement des pigments qui leur donnent une teinte bleu-vert. Les chercheurs ont ensuite constaté que ces organismes se rapprochaient plus des bactéries et ils les ont renommés « cyanobactéries ». Ce sont donc des bactéries qui font de la photosynthèse. La racine « cyano » du nom provient du grec et désigne la couleur bleu-vert.

Les cyanobactéries sont parmi les premiers organismes à avoir vu le jour sur Terre, il y a de cela plus de 3 milliards d’années. Puisqu’elles produisent de l’oxygène à partir de la photosynthèse, leur croissance aurait causé l’apparition de l’oxygène atmosphérique et permis le développement d’autres formes de vie plus évoluées sur Terre.

De façon naturelle, qu’elles soient toxiques ou non, les cyanobactéries se retrouvent dans tous les plans d’eau québécois. Là où il y a de l’eau, il peut y avoir des cyanobactéries. Globalement, on en compte plus de 3 500 espèces distribuées dans toutes sortes d’environnements (ex. : sources thermales ou froides, étangs, lacs, rivières, océans, glaces de l’Antarctique et de l’Arctique, sols humides, rizières, lichens, sols forestiers et crevasses des roches des déserts).

Cyanobactéries
Photo : Jean-Louis Côté, Apeln

Certaines espèces, et parfois seulement certaines souches d’une même espèce, produisent des toxines (appelées cyanotoxines) à l’intérieur de leurs cellules. La fonction de ces molécules actives que sont les cyanotoxines n’est pas véritablement connue des scientifiques. Il a été démontré que ces toxines rendraient les cyanobactéries moins comestibles pour les animaux planctoniques, et permettraient ainsi la survie des cyanobactéries. À faible abondance de cyanobactéries, la concentration en toxine est insuffisante pour nuire à la santé de ceux qui boivent cette eau. Cependant, c’est à forte concentration (lors des accumulations importantes visibles à l’oeil nu) que leur présence devient problématique.

L’écologie des cyanobactéries est assez bien connue. Elles font souvent partie du plancton, ces petits organismes qui vivent en suspension dans la colonne d’eau. Faisant de la photosynthèse, le rôle des cyanobactéries et des algues dans l’eau se compare facilement à celui des plantes terrestres. Elles se situent à la base de la chaîne alimentaire des écosystèmes aquatiques et représentent ainsi une source de nourriture essentielle, transférée du plus petit invertébré au poisson le plus gros.

Cyanobactéries
Photo : Liette Fontaine, MDDEP

Lorsque les conditions leur sont favorables, les cyanobactéries peuvent se multiplier en très grand nombre, formant ainsi des accumulations importantes. C’est à ce moment qu’elles peuvent causer un problème de toxicité. Une période calme leur permet de flotter à la surface et ainsi de former des fleurs d’eau (ou effloraisons, floraisons ou blooms en anglais). Il faut noter que certaines fleurs d’eau printanières – tout à fait naturelles – peuvent apparaître près du rivage des lacs, concentrées par l’action du vent, et, à moins que celles-ci prennent de l’ampleur, il suffit d’éviter la zone affectée pour prévenir tout risque pour la santé.

Les « conditions favorables » à la croissance excessive des cyanobactéries sont souvent une conjoncture de plusieurs facteurs complexes. Cependant, un facteur essentiel à leur croissance est la présence d’éléments nutritifs dans le milieu. Parmi ceux-ci, le phosphore est incontestablement le plus important. Une eau avec peu de phosphore aura un nombre restreint de cyanobactéries. Cependant, une augmentation des apports en phosphore peut favoriser le développement d’une floraison excessive.

Les cyanobactéries remportent souvent la compétition avec les algues pour l’espace et l’utilisation des éléments nutritifs dans le milieu.

Pour en apprendre plus sur les toxines et les risques pour la santé, visiter le site de Santé Canada et consultez le Guide d’identification des fleurs d’eau de cyanobactéries pour les reconnaître.

Solutions
  • S’assurer que les installations septiques soient conformes.
  • Éviter l’épandage d’engrais à proximité du lac.
  • Bannir l’utilisation de détergents phosphatés pour lave-vaisselle et de tout autre produit domestique contenant du phosphore.
  • Éviter la construction d’entrées pavées et de terrassement imperméables. Favoriser les surfaces perméables.
  • Bandes riveraines en milieu urbain ou de villégiature : Interdire la coupe des arbres en bordure des lacs pour avoir une meilleure vue sur le lac. Une vraie bande riveraine doit être rétablie sur les rives des lacs. La Politique de protection des rives, du littoral et des plaines inondables suggère que la bande riveraine en milieu urbain ou de villégiature doit avoir une largeur entre 10 et 15 m selon la pente. Des arbres ou arbustes habituellement trouvés sur le bord des cours d’eau québécois peuvent être plantés pour accélérer le processus, mais le simple laisser-aller de la pelouse permettra à la nature de prendre le dessus par elle-même et, cela, à moindre coût (à condition de laisser les nouveaux venus pousser sans les couper!).

Source : GRIL – Groupe de recherche interuniversitaire en limnologie et en environnement aquatique